Vers l’amélioration du texte de Leonetti sur la fin de vie

Et c’est reparti, avec des auditions en série : experts en soins palliatifs, médecins, associatifs, etc. Depuis dix jours, Alain Claeys, député PS, et Jean Leonetti, député UMP, ont entamé leurs rencontres pour améliorer la loi sur la fin de vie médicalisée, dite loi Leonetti. «Nous allons discuter avec une série de personnes, mais ce n’est pas avant décembre que nous rendrons nos propositions», dit Alain Claeys, l’enjeu étant d’aboutir à un texte commun. Il ajoute : «La question est de passer du laisser mourir à faire mourir.»

Les choses vont-elles bouger ? L’exécutif avance prudemment. En France, à la différence de pays comme la Belgique, les débats peuvent être passionnants mais ne débouchent sur rien. «On meurt mal en France.Nous avons le sentiment que les conditions autour de la mort ne sont pas à la hauteur de ce que l’on peut attendre. Les morts sont peut-être encore l’expression la plus inégalitaire de notre société», disait le Pr Didier Sicard en 2012, lors de la remise de son rapport.

En tout cas, la mort renvoie toujours à des moments personnels, singuliers. Mourir à l’hôpital ou dans une maison de retraite ? Faut-il rappeler que dans un service de réanimation, plus d’une personne sur deux décède à la suite d’une décision médicale ? Une étude de l’Observatoire national de la fin de vie montrait récemment que dans «près d’un cas sur trois, les douleurs restaient présentes dans la dernière semaine de vie». Mais si la fin de vie inclut des choix personnels, qu’en est-il collectivement ? Dans le cadre des Jeudis de la santé, à l’institut Pasteur, en laissant de côté les choix éthiques de chacun, nous allons interroger la santé publique. A-t-elle quelque chose à nous dire sur notre façon de mourir ?

Source : Libération - Erice Favereau - 01/10/2014

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