L'Europe est-elle à refaire?

Après une crise économique et financière majeure, celle de l’immigration de masse et du terrorisme, le « Brexit » est venu fragiliser un peu plus encore une Europe malade, incapable d’avoir apporté la sécurité et la prospérité à ses concitoyens.

Alors que l’Europe s’est petit à petit éloignée des citoyens, tentation du repli national n’a jamais été aussi forte. Pourtant je reste profondément européen, persuadé que seule une union des peuples européens est capable de relever les défis de notre temps.

Je suis pour une Europe nouvelle qui retrouve l’esprit des pères fondateurs. Il ne faut pas « réenchanter » ni même « réinventer » le projet européen mais il faut le refonder sur des bases solides.

La France de François Hollande a déserté l’espace européen en laissant le leadership à l’Allemagne qui, isolée, n’a pu répondre aux multiples défis auxquels nos nations sont confrontées.

Trois défis doivent être relevés :

1. Le premier défi est celui des frontières. L’Europe a besoin de frontières sûres et stables. Sûres parce que gardées et stables car l’élargissement sans fin de l’Europe nuit évidemment au projet européen.

Il est nécessaire de nouer des partenariats avec de grands pays comme la Russie ou la Turquie mais il faut mettre un terme à l’idée d’une Europe élargie que personne ne souhaite.

Il faut également mettre fin à une situation d’une Europe passoire, incapable de contrôler ses frontières extérieures alors que nos frontières intérieures sont ouvertes par les accords de Schengen.

Là encore il ne faut pas renoncer à la libre circulation dans l’espace européen mais à condition que des gardes européens aux frontières assure notre sécurité territoriale.

En attendant, il faut que chaque pays s’engage, avec l’aide de l’Europe, à garder ses frontières. Ceux qui ne le peuvent ou ne le veulent pas doivent sortir temporairement ou définitivement de Schengen.

2. Le deuxième défi est économique. Il faut une Europe qui protège ses concitoyens et non une Europe qui les expose à une concurrence déloyale.

L’Europe a pris l’habitude de s’occuper avec minutie des détails et d’oublier l’essentiel. Laissons aux Nations le droit de décider nos efforts sur ce que les Nations seules ne peuvent régler. Revenons au principe fondateur de subsidiarité qui affirme que l’Europe doit s’occuper de l’essentiel.

Qu’est-ce qui est essentiel aujourd’hui, en dehors de la Sécurité : la croissance, l’innovation et l’emploi.

C’est pourquoi il faut mettre en place une harmonisation économique de la fiscalité des entreprises de la zone euro.

On ne peut concevoir une monnaie unique et une divergence financière et économique.

Enfin la règle de « réciprocité » des échanges doit être respectée pour éviter d’être envahi de produits asiatiques qui s’affranchissent des normes sociales et environnementales en pratiquant une stratégie protectionniste.

3. Le troisième défi est un défi démocratique. L’Europe fédérale à 27 ne se fera pas. Les peuples n’en veulent pas.

L’Europe ne se fera pas sans les peuples en niant les nations. Je suis conscient que l’Europe a été dénigrée er accusée souvent à tort par les dirigeants européens qui ont manqué de courage pour assumer les mesures qu’ils avaient acceptées, soutenues et quelques fois proposées.

Limiter les déficits de la France, ce n’est pas pour faire plaisir à Bruxelles, c’est pour préserver nos enfants du poids d’une date que nous leur ferions payer.

Aujourd’hui, il faut tenir un langage de vérité qui ne se défausse pas sur les autres des responsabilités qui sont les nôtres.

Il faut sur ce nouveau projet consulter le peuple. Je dirai même les peuples de tous les pays qui adhèrent à ce nouveau projet.

Cette nouvelle Europe que j’appelle de mes vœux, c’est l’Europe de l’innovation et de la croissance. C’est aussi cette Europe fidèle à nos valeurs et à sa culture. L’Europe c’est cette marque civilisatrice originale et exceptionnelle qui affirme le respect de la démocratie, de l’égalité homme/femme, de la tolérance, de la justice et du droit. Transiger avec ces valeurs serait réduire l’Europe à une zone de libre-échange. Défendre ses valeurs c’est aussi, si nécessaire la défendre par les armes. C’est pourquoi je suis favorable à une défense européenne. La France ne peut pas être la seule nation à exposer ses enfants pour défendre les intérêts et les valeurs de nos démocraties.

Nous sommes les héritiers d’une Histoire de peuples fiers et libres qui ont construit dans un monde chaotique la force d’un humanisme moderne.

Soyons dignes de cet héritage et soyons, nous, Français, comme à l’origine, les bâtisseurs de cette Europe nouvelle.

 

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