Fin de vie : le début du débat

Le Premier ministre a promis aux radicaux de gauche un texte d’ici la fin de la législature. Deux parlementaires, Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP) doivent rendre leurs propositions le 1er décembre.

Le Conseil consultatif national d’éthique (CCNE) présente aujourd’hui son rapport sur le débat public concernant la fin de vie. Cette parution permettra de faire la synthèse entre l’avis du CCNE (rendu en juillet 2013) et le point de vue du panel de citoyens qui s’est penché sur le sujet (rendu en décembre 2013). Les sages avaient donné une position prudente, alors que les citoyens s’étaient prononcés pour la légalisation du suicide assisté et des exceptions d’euthanasie.

Front sociétal

Un écart qui reflète toute la complexité du sujet, alors que le gouvernement a promis aux radicaux de gauche une loi d’ici la fin de la législature.

Promesse de campagne de François Hollande, l’évolution de la loi Leonetti de 2005 a subi les aléas du calendrier politique. Les travaux entamés par le rapport du Pr Didier Sicard en décembre 2002 ont été freinés après les massives manifestations contre le mariage pour tous. Le gouvernement était peu enclin à ouvrir un nouveau front sociétal tendu.

Le Président François Hollande a confié en juin une mission à deux députés, le socialiste Alain Claeys et l’UMP Jean Leonetti, auteur de la loi de 2005 sur la fin de vie. L’objectif est de parvenir à un consensus sur ce sujet délicat. Leur lettre de mission détaille trois points : développement des soins palliatifs, amélioration des directives anticipées et définition des « conditions et circonstances précises dans lesquelles l’apaisement des souffrances peut conduire à abréger la vie ». Les parlementaires doivent rendre leurs conclusions à l’exécutif le 1er décembre. « Nous verrons bien si cela doit nous conduire, ou pas, à légiférer », répondait le Premier ministre Manuel Valls, dans une interview à la Croix au début du mois d’octobre. Depuis, les négociations avec les radicaux de gauche, qui menaçaient de quitter le gouvernement, sont passées par là. Il y aura une loi. Le Premier ministre l’a promis à ses partenaires pour qu’ils continuent à s’inscrire dans la majorité. Reste à en connaître le contenu et le calendrier précis.

Source : Le Dauphiné Libéré  par Élodie BÉCU (le 23/10/2014)

  • Partager ce billet