Fin de vie: Jean Leonetti à l'Emission de "Ce soir ou Jamais!'

Sur le plateau de l'émission "Ce soir ou jamais" présenté par Frédéric Taddeï, Jean leonetti a pu débattre sur la fin de vie et évoquer les améliorations possibles de la loi actuelle.

Au programme de « Ce soir (ou jamais !) » : 
« Euthanasie : un débat entre progressistes et réactionnaires ? ».

Pour en parler :

Jean Léonetti
député UMP, ancien ministre, et auteur de la loi Léonetti

Il est médecin cardiologue de formation, maire d’Antibes et député des Alpes-Maritimes. Il est également l’un des vice-présidents de l’UMP. Il a été aussi Ministre des Affaires Européennes du gouvernement de François Fillon. Suite à l’affaire Vincent Humbert en 2003, il a été chargé de présider la première mission parlementaire sur l’accompagnement de la fin de vie et par la suite d’élaborer la « Loi relative aux droits des malades et à la fin de vie ». Loi votée en 2005  et qui porte également son nom. L'esprit de ce texte est d'empêcher à la fois l'euthanasie active et l'acharnement thérapeutique, tout en développant les soins palliatifs pour prendre en considération la souffrance du patient.
(La loi prévoit notamment que les médecins peuvent, après avoir recueilli l'avis des proches, interrompre des traitements « inutiles ou disproportionnés et dont le seul but est le maintien artificiel de la vie. »)
Aujourd’hui le gouvernement est favorable à la possibilité d'une « aide active à mourir », et souhaiterait compléter le cadre juridique. Selon lui « ce serait très dangereux », car « changer la loi c’est à ses yeux dépénaliser l’euthanasie et autoriser le suicide assisté ». Or il argumente que sa loi « lorsqu'elle est appliquée, est suffisante et permet d'accompagner et de soulager le malade. Le médecin ne doit pas donner délibérément la mort ».
Il avait également publié en 2008 « A la lumière du crépuscule » une réflexion sur la fin de vie aux éditions Michalon.

Hubert Reeves
astrophysicien

Il est l’un des plus célèbres astrophysiciens du monde, connu tant pour ses très nombreux travaux que pour son engagement écologiste et son statut de « vulgarisateur » scientifique. Franco-canadien, il a été enseignant, chercheur, conseiller scientifique à la NASA, et auteur de nombreux ouvrages depuis la publication de « Patience dans l’azur, l’évolution cosmique » en 1981 (Le Seuil), puis « Poussières d’étoiles » en 1984 (Le Seuil) et « L’heure de s’enivrer, l’univers a-t-il un sens ? » deux ans plus tard. En 2008, il a publié ses mémoires, « Je n’aurai pas le temps » (Le Seuil), et en septembre dernier « Là où croit le péril… croît aussi ce qui sauve », dans lequel il met en balance ce qu’il appelle la « belle histoire de l’Univers » et la « moins belle histoire de l’Humanité », pour ensuite en appeler à un « réveil vert ». Il est également intervenu à plusieurs reprises dans des émissions scientifiques, en particulier « La Nuit des Etoiles » sur France 2. Il est aujourd’hui membre du comité d’honneur de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), et a déclaré à ce sujet : « Il devrait exister un droit fondamental de cesser de vivre. Chacun à droit à sa mort. L’acharnement thérapeutique est scandaleux. »

Cynthia Fleury
philosophe, membre du comité consultatif national d’éthique

Elle est philosophe. Professeur à l’American University of Paris et l’auteur d’ouvrages tels que "Les pathologies de la démocratie" ou "La fin du courage : La reconquête d’une vertu démocratique", essai dans lequel elle rappelle qu’il n’y a pas de courage politique sans courage moral et plus récemment "Biodiversité et société : l'exigence de la réconciliation"  qui tentait de repenser les liens qui unissent les sociétés humaines et la nature. Elle vient, en 2013, d'être nommée membre du Comité Consultatif national d'éthique (CCNE) dont un des objectifs est de faire participer les citoyens à la réflexion que soulèvent certaines avancées scientifiques dans le domaine des sciences de la vie et de la santé. Après des débats publics autour de la question de la fin de vie, le CCNE rendra un rapport en février 2014.

Corine Pelluchon
philosophe

Elle est docteur en philosophie, maître de conférence à l’Université de Franche-Comte et membre du groupe de réflexion du Réseau National Hospitalier Ethique et Pandémie (RNHEP). Elle applique sa philosophie morale et politique aux questions d’éthique médicale, biomédicale, animale et environnementale. Elle a publié « La raison du sensible » (2009), une série d’entretiens autour de la bioéthique et plus récemment "Tu ne tueras point" une réflexion sur l'actualité de l'interdit du meurtre. Dans une tribune publiée en 2011 dans le journal "Le Monde", elle écrivait que "Toutes les vies valent d'être vécues" soutenant la loi Léonetti. Aujourd'hui, elle estime que la loi est toujours bonne mais qu'elle pourrait être complétée plutôt que réformée car selon elle "l’euthanasie suppose qu’un tiers administre le produit létal" ce qui lui semble une solution moins subtile que la "sédation en phase terminale qui pourrait répondre à ces malades (…) qui vont mourir dans un délai assez court" (interview donnée à Causeur).

Raphaël Enthoven
philosophe

Il est philosophe, il a enseigné la philosophie à Sciences Po. Après avoir animé de 2007 à 2011 « les Nouveaux chemins de la connaissance »  sur France-Culture, il est aujourd’hui producteur de l’émission « Le Gai savoir » toujours sur France Culture. Il présente également l'émission « Philosophie » le dimanche sur Arte et il poursuit le cycle des « Rencontres philosophiques » qu’il anime au Théâtre de l'Odéon depuis plusieurs années. La rencontre de demain à 15h s’intitule « Philosophie d’Epicure » et son invité sera le philosophe Jean Salem.
Il a également publié plusieurs ouvrages dont le dernier, « Dictionnaire amoureux de Proust », a reçu le prix Femina Essai.
Il a déclaré dans Les Tribunes de la santé (en 2011) être partisan de l’euthanasie active. Selon lui « La loi Léonetti ne va pas assez loin et de façon générale, le suicide est un droit de l’homme. La vie n’a rien de sacré et n’est pas une fin en soi. Je ne vois aucune raison de ne pas y mettre un terme quand le besoin – voire le désir – s’en fait sentir. La possibilité d’interrompre un traitement est un progrès, qui ne remplace pas le passage à l’acte et le droit d’y être aidé. Ce n’est pas seulement une question de dignité, mais aussi d’amour ».

Philippe Bataille
sociologue

Philippe Bataille, est sociologue, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, directeur du Centre d’analyse et d’intervention sociologiques (CADIS) et membre du Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin. Après avoir travaillé sur le racisme et le sexisme, il a centré ses recherches sur l’expérience sociale et médicale de la maladie grave. En 2012, il a publié « A la vie, à la mort. Euthanasie : le grand malentendu » (éd. Autrement), résultat d’une enquête de plusieurs années dans différentes unités de soins palliatifs au contact des malades, de leurs proches et du personnel médical. Il y décrit une culture dominante des soins palliatifs qui contourne ou dénie le consentement des malades ou de leurs proches. Dans Libération aujourd’hui, il commente le cas de Vincent Lambert pour dénoncer « une loi inopérante et malfaisante » qui s’appuie sur les droits des malades « pour contrôler les obligations morales des médecins ». Il a également signé la pétition de soutien à l’urgentiste Nicolas Bonnemaison, poursuivi pénalement pour sept cas soupçonnés d’euthanasie sur des patients en fin de vie.

Denys Pellerin
président honoraire de l’Académie de médecine

Il est chirurgien pédiatrique, président honoraire de l’Académie de médecine. Il a longtemps siégé au CCNE (1996-2004) pour lequel il a entre autre pris part à la réduction de l'avis consacré à la « Fin de vie, arrêt de vie, euthanasie », rendu en janvier 2000. En 2005, il a été auditionné par le Sénat dans le cadre de la loi Léonetti sur les droits du malade et la fin de vie, audition au cours de laquelle il a rejeté la distinction entre euthanasie active et passive. "L'euthanasie a pour seule définition d'être l'acte matériel de donner la mort à un individu, dans le but de soulager ses souffrances ou d'accéder à sa requête"

Hélène Cixous
écrivain
 

Hélène Cixous, est écrivain, dramaturge et philosophe. Elle a notamment participé à la création de l’Université de Vincennes en 1968, puis à celle du premier Doctorat en Etudes féminines en 1974. Son œuvre abondante de plus de 70 livres lui vaut une grande réputation dans les départements universitaires de littérature, philosophie et études de genre à travers le monde. On peut citer « Dedans » (1969), « Le Rire de la Méduse » (1975), « Le Livre de Prométhéa » (1983), « Déluges » (1992) ou « Les naufragés du fol espoir » (Théâtre du Soleil, 2010). L’imminence de la mort de sa mère a inspiré une grande partie de ses derniers livres. « Ayaï ! Le cri de la littérature » (Galilée, 2013) est une réflexion illustrée par Adel Abdessemed sur le pouvoir vital de la littérature. « Le détrônement de la mort » (Galilée, 2014), une réflexion littéraire qui prend pour point de départ la mort de l’écrivain mexicain Carlos Fuentes, est le journal qui accompagne le « Chapitre Los » paru l’année dernière. Enfin, elle est membre du comité d’honneur de l’Association pour le Droit de mourir dans la dignité (ADMD).

Rémi Brague
professeur de philosophie

Il est professeur de philosophie médiévale à Paris et à Munich. Il est membre de l’Institut, il a été élu en 2009 à l’académie des sciences morales et politiques et est membre de l’académie catholique de France. Il est notamment l’auteur « d’Europe, la voie romaine » en 1992 , du « Dieu des chrétiens et d’un ou deux autres » en 2008 et du « propre de l'homme, sur une légitimité menacée» en 2013  dans lequel il  repense les fondements de cet humanisme des lumières tant recherché aujourd'hui et entend démontrer que si les principes humanistes sont si enfouis c'est sans doute que le projet athée des temps modernes a échoué. Il a reçu le prix Ratzinger pour la théologie en 2012.

 

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